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Armer ou développer?
Les États sacrifient le développement aux exportations d’armes
Les gouvernements avaient pris l’engagement de veiller à ce que les ventes d’armes aux pays pauvres ne compromettent pas la vie des générations futures en détournant les ressources et les investissements de secteur comme la santé ou l’éducation. Or, ils ne respectent pas leur promesse.
Les pays d’Afrique, d’Amérique latine, d’Asie et du Moyen-Orient ont acheté plus de la moitié des armes lourdes vendues dans le monde, alors qu’ils sont confrontés aux plus grandes menaces contre la vie humaine, notamment la pauvreté ou les maladies.
Dans ces régions, nombre des pays pauvres ont déjà beaucoup de mal à protéger leur population contre la maladie et la faim chronique ou à assurer aux enfants une éducation élémentaire. Pourtant, en 2002, ils ont acheté plus des deux tiers, en valeur, des ventes mondiales d’armes ; la quasi-totalité (90%) de ces armes ont été vendues par le Royaume-Uni, les États-Unis, la France, la Russie et la Chine.
Pendant ce temps, dans ces régions :
- plus d’un milliard de personnes luttaient pour survivre avec moins d’un dollar ou d’un euro par jour;
- un enfant sur cinq quittait l’école avant la fin du primaire;
- plus de 14 millions d’enfants perdaient au moins un de leurs parents à cause du sida (2001);
- près de 800 millions de personnes souffraient de faim chronique;
- un demi-million de femmes mouraient pendant la grossesse ou l’accouchement.
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Dans le rapport Armer ou développer?, il est demandé aux États qui exportent ou importent des armes de respecter leurs promesses et de consacrer autant d’attention au développement des pays pauvres, au respect des droits humains et à la sécurité de la population qu’à la vente et à l’achat d’armes.
De nombreux pays exportateurs ont promis de réfléchir sérieusement à l’impact à long terme des ventes d’armes dans les pays pauvres, en particulier dans ceux qui n’ont pas les moyens d’acheter des armes ou dans ceux où les armes tombent entre les mains de groupes tyranniques.
Mais en réalité, ils ne font pas grand-chose pour honorer leur engagement. Bien qu’ils aient conclu des accords qui les obligent à évaluer le risque qu’une vente aggrave la pauvreté ou l’insécurité, près de 90% des principaux pays exportateurs d’armes ne disposent d’aucun système pour évaluer ce risque. Les auteurs du rapport proposent un nouveau dispositif aidant les gouvernements à bien évaluer, avant de conclure un contrat, l’impact d’une vente d’armes sur la pauvreté.
Enfin, les États doivent adopter un traité sur le commerce des armes qui les contraindra à respecter leurs promesses manifestement vaines, qu’ils ont trop souvent tendance à rompre ou à oublier.
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