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Une spirale infernale
«Ils parlent de se tuer»
«Les enfants sortent de l’école en parlant d’armes à feu. La mentalité est devenue tellement pernicieuse de nos jours. Ils ne parlent pas de se casser la figure. Ils parlent de se tuer.»
Un ancien animateur de groupes de jeunes du nord de Londres, 2002
Des quartiers pauvres de la Grande-Bretagne aux communautés qui pratiquent l’élevage au Kenya, la culture des armes à feu étend son emprise. Dans les pays où porter une arme fait partie des traditions, les arcs et les flèches ont été remplacés par de nouvelles armes plus meurtrières. Les armes n’ont jamais été aussi nombreuses – ni aussi bon marché.
Illustration 7 : plus les armes prolifèrent, plus leur prix diminue au Kenya, d’après Joshua Katta, chef pokot de la ville de Kolowa (source : Karl Vick, "Small arms’ global reach uproots tribal traditions", The Washington Post, 8 juillet 2001).
Selon Joshua Katta, les armes utilisées en 1967 étaient des Lee-Enfield Mark IV, des fusils vieux et lourds qui dataient de la Première Guerre mondiale. Leur prix était élevé : 60 vaches pièce. En 1986, il n’était plus que de 15 vaches et les fusils étaient des AK47, beaucoup plus meurtriers. En 2001, il ne fallait plus que 4 ou 5 têtes de bétail pour acheter un fusil.
Ce sont les femmes et les enfants qui sont les plus exposés. La violence domestique peut être fatale lorsque l’homme possède une arme. Par ailleurs, des viols sont commis sous la menace d’une arme contre des femmes et des fillettes qui vont chercher de l’eau ou du bois ou qui se trouvent dans des camps de réfugiés ou en prison. On a recensé au moins 15700 viols au cours du conflit armé au Rwanda, et 25000 lors de la guerre en Bosnie et en Croatie.
Aujourd’hui, beaucoup de fusils sont légers, simples à démonter et à remonter, ce qui fait que des enfants de 10 ans peuvent s’en servir. Du coup, environ 300000 enfants sont utilisés comme soldats dans les conflits à travers le monde.Haut de la page
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